Techniques employées
J’utilise pour mes sculptures acier des scories d’acier sorties des fonderies. La scorie est une étape dans le recyclage de l’acier, ses formes déchiquetées, torturées en font un matériau de prédilection pour le mouvement et la définition d’une gestuelle expressionniste. Cet acier est d’abord traité brut, découpé à la meuleuse ou au chalumeau puis assemblé par électro soudage. Puis la pièce est sablée (projection de sable de verre à haute pression en cabine). Elle est ensuite ressoudée pour la consolidation, puis elle est brossée et polie avec différentes brosses rotatives. L’ensemble est ensuite traité contre les intempéries pour ne pas subir les attaques de la rouille.

Le bois est parfois adjoint au métal comme une colonne vertébrale structurante ou comme un manteau improbable d’un être aux formes indéfinissables. Ce sont des bois glanés dans les bois, qui sont ensuite sablés, tronçonnés ou retravaillés à la gouge selon la nécessité de l’œuvre.
L’acier parfois est émaillé à chaud dans un grand four à céramique, lui donnant une consistance plus douce, laiteuse et brillante. Cela  permet également de jouer sur les couleurs. La chimie des émaux, combinés à la composition de l’acier par l’action de la cuisson, nous donne des résultats mystérieux qui ne cessent de nous surprendre et de nous émerveiller.

 

 

Les techniques sont mixtes et variées, elles ne sont pas figées et continuent d’évoluer dans le temps au gré de mes découvertes et de mes apprentissages. La technique est à mon sens une partie intégrante dans la signification de l’œuvre, loin de la renier comme pourraient le faire les tenants de l’art conceptuel, je préfère l’utiliser et la remanier à l’infini, explorant ce qu’elle a à m’offrir de positif.

La matière est pour moi le nerf de la guerre. L’idée, le sentiment, l’expression prennent vie dans cette matière. Ils s’y cristallisent. La matière guide. Elle apprend, tel un maître à son élève, le sculpteur. La terre enseigne la patience; l’acier, la force, et l’impulsion; le bois, la structure; le plâtre, l’adaptabilité. Chaque matière à ses qualités, ses défauts, sa symbolique, son langage propre.

La courbe est soignée, elle est récurrente dans mon travail, que ce soit en gravure ou en sculpture, pour des sculptures acier ou des sculptures en terre, ou encore dans mes hauts reliefs. Elle s’enroule et se déroule à l’infini, trace du temps, comme pour indiquer un mouvement, une ligne de vie ou encore les circonvolutions d’un esprit tracassé. J’aime à qualifier ma sculpture de viscérale, en ce qu’elle peut avoir d’organique. Mais viscérale également en terme psychologique, parfois brutale, parfois douce ou les deux en même temps comme « la vénus accouchant ».Le symbole y est partout présent. La sculpture traduit un dialogue au travers des âges, qui nous parlent de qui nous sommes et ce que nous sommes dans notre humanité depuis le paléolithique jusqu’à nos jours.
La sculpture est une vocation, une condition de mon existence. Son absence se traduit par une situation de manque au sens de la dépendance. Elle est pour moi vitale. La vie est action et création.